September 20, 2019
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À quoi “sert” la morale (pour un biologiste) ? – morale #4


Pourquoi la sélection naturelle aurait favorisé
l’émergence d’un organe mental qui produit des jugements moraux ? Quelle fonction la
morale pourrait-elle remplir, du point de vue de la
théorie de l’évolution ? Se comporter de façon morale procure-t-il des avantages
en termes de survie et de reproduction ? Si ces questions
vous intéressent, vous êtes au bon endroit. Un des meilleurs moyens que je connaisse pour
tromper l’ennui c’est de laisser trainer mon
imagination sur Google, en entrant au hasard des phrases dans le moteur de recherche, et
en observant les suggestions qui me sont faites. Ces suggestions correspondent aux requêtes
les plus courantes que d’autres internautes
ont fait avant moi, et je vous assure que leur drôlerie
aide à faire passer les dimanche après-midi pluvieux plus vite qu’une bouteille de rhum
et l’intégrale de C’est pas sorcier. Quand j’étais en thèse, et donc complètement
obsédé par la question de la morale au point de voir des combats entre Sauron et petit
ours brun en fermant les yeux, je me suis un jour
amusé à rentrer “est-ce équitable de” dans Google, en le faisant en anglais, donc en
entrant “is it fair to”. Et voilà quelques-unes des suggestions que
j’ai obtenues. – est-ce juste de garder un oiseau en cage
? – est-ce juste de manger du chocolat ? – est-ce juste de garder un chien en appartement ? – est-ce
juste d’avoir un enfant à l’âge de 40 ans ? Je suis certain qu’il y a plusieurs de ces questions que vous ne vous êtes jamais posées,
et d’autres que vous ne comprenez même pas
pourquoi des gens se la posent. Ce que ces exemples
montrent, et ce ne sont que quatre exemples parmi des milliers, c’est la diversité
des situations dans lesquelles les humains se posent des
questions sur le caractère juste ou injuste de leurs
actions, que ce soit dans des situations complètement futiles, comme quand on se demande s’il
est juste de manger du chocolat, ou dans des situations qui peuvent potentiellement changer
notre vie, comme quand on se demande si c’est juste d’avoir un enfant à l’âge de 40
ans. La morale est donc omniprésente dans nos
vies, et ça, c’est un gros problème pour un
biologiste. Pourquoi ?
Parce que comme je vous le faisais remarquer dans la toute première vidéo, les comportements
moraux ont l’air d’aller à l’encontre de notre intérêt personnel. Quand vous achetez une
tablette de chocolat commerce équitable parce que vous pensez que c’est bien, ce que vous
êtes en train de faire si on reformule, c’est
accepter volontairement de payer plus cher votre tablette
de chocolat pour qu’un inconnu, qui se trouve à l’autre bout du monde, que vous n’avez
jamais vu et que vous ne verrez jamais, obtienne
un petit peu plus de revenus. C’est à dire qu’à cause
de ce truc que vous avez dans la tête et que vous appelez morale, vous acceptez volontairement
de diminuer vos ressources pour augmenter celles des autres. La morale a ceci de particulier qu’elle
semble nous faire adopter des comportements coûteux
pour nous mais qui apportent des bénéfices aux autres. Et quand je dis coûts et bénéfices il ne
faut pas que comprendre argent, ça peut être aussi du temps, de l’énergie… Quand, pour des
raisons morales, on ne double pas dans la queue du supermarché, ou qu’on s’arrête
sur le bord de la route pour aider quelqu’un en panne,
on paye un coût parce qu’on gaspille du temps. Même des tout petits coûts ça compte, car
additionnés au bout de votre vie ils finiront par faire
diminuer vos chances de survie et de reproduction. Donc qu’on le mesure en temps, en énergie
ou en argent, la morale est coûteuse. Vous
pouvez faire le test : la prochaine fois que vous entendrez quelqu’un être encensé
parce qu’il a fait quelque chose de moral, vous vous rendrez
compte que ce qu’on est en train de dire c’est
qu’il aurait pu faire quelque chose de beaucoup plus égoïste, mais qu’il s’en est abstenu. C’est ce caractère non-égoïste de la
morale qui fascine les humains depuis longtemps, comme
ce bon vieux Manu dont je vous parlais en introduction [1], Manu qui met la morale au
même niveau que la compréhension des étoiles
dans la liste des grands mystères de l’univers. Mais
pour un biologiste, la morale c’est encore plus fascinant que ça. C’est encore plus fascinant,
parce que la théorie qui structure l’ensemble de la biologie et lui donne du sens, la théorie
de l’évolution, nous dit que les comportements
qui sont coûteux ne peuvent pas être sélectionnés [2,
3], c’est à dire qu’ils ne peuvent pas se répandre au fil des générations. Comment un sens
moral qui fait exactement ça, nous faire adopter des comportements coûteux, aurait
pu évoluer biologiquement ?
C’est sous cet angle des coûts et bénéfices que les biologistes abordent la question des
origines de la morale. Il faut savoir que ça fait déjà des dizaines d’années que
les biologistes étudient la coopération [4,5], par
exemple les comportements altruistes des abeilles et des fourmis, ou la coopération inter-espèce
(ce qu’on appelle les mutualismes), ou même la coopération humaine elle-même (si vous
avez déjà entendu parler de dilemme du prisonnier,
de Tit for Tat, des travaux de Trivers, Hamilton, d’Axelrod [6–8] etc, c’est de ça qu’il
s’agit, essayer de comprendre l’existence de comportements
coopératifs coûteux chez les être vivants). L’étude de la morale en biologie est donc
en quelque sorte un sous-champ de cette sousdiscipline de la coopération, un sous-champ pas sorti
de nul part et qui s’appuie déjà sur des dizaines d’années de résultats théoriques
et empiriques. Mais bref, revenons à nos mouflons comme
on dit en Savoie. Comment on explique l’existence
d’une morale coûteuse ? Il y en a beaucoup d’entre vous qui m’ont fait remarquer
que la morale n’était peut-être pas altruiste et désintéressée,
parce que peut-être qu’elle apporte des bénéfices
cachés et qu’elle est donc égoïste au final. Peut-être que la morale ne serait coûteuse
qu’en apparence, que si les comportements moraux
présentent des coûts bien visibles que l’on remarque
facilement, ils procurent aussi des bénéfices cachés. Au final, si les bénéfices dépassent les
coûts, le paradoxe de l’existence de la morale n’existerait plus. Et bien vous allez être contents, tout ceux
qui ont dit ça, car c’est le parti qu’ont pris de
nombreux biologistes, de supposer qu’il existe des bénéfices cachés à la morale. Mais encore faut-il déterminer quels genres
de bénéfices. Et là on a plusieurs hypothèses, et si
aucune hypothèse ne sort encore vraiment du lot, je peux quand même vous les présenter. Une première famille d’explications postule
que la morale serait coûteuse pour l’individu, mais qu’elle serait bénéfique pour le
groupe. C’est une idée qui m’a l’air assez
répandue dans le grand public puisque vous me l’avez suggérée
plusieurs fois, que la morale ça sert à vivre
ensemble, à vivre en société, ou même à assurer la survie de l’espèce, à faire
en sorte qu’on ne s’entretue pas tous comme des Youtubeurs
se battant pour un pouce bleu. Dans le champ
académique, on retrouve une hypothèse similaire qui postule que les groupes humains possédant
le plus d’individus moraux et altruistes auraient, dans le passé, été plus coopératifs
que les autres, leur permettant de remporter plus
d’affrontements entre groupes et donc de survivre
plus facilement [9–11]. C’est ce qu’on appelle la sélection de
groupe, mais la sélection de groupe *culturelle*, parce que cette théorie postule
que les comportements moraux se répandent par la
culture. C’est un point important parce que les explications
basées sur de la sélection de groupe non-culturelle ont été rejetées depuis
longtemps en biologie, c’est à dire qu’on sait maintenant
qu’il n’est pas possible qu’un comportement puisse se répandre parce qu’il favorise
la survie de l’espèce. C’est faux de dire qu’un trait a évolué
pour la survie de l’espèce, on l’entend souvent, mais ça n’est pas possible, c’est
un mythe en biologie. Sans entrer dans les détails,
c’est dû au fait que si, dans une population où tout le monde se comporte pour maximiser
la survie de l’espèce, on a une mutation qui
fait qu’un individu devient égoïste, cet individu va
répandre ses gènes beaucoup plus rapidement que les autres en vertu de ce qu’on sait
des lois de l’évolution [4, 12]. Par contre, en ajoutant une petite dose de
culture, c’est à dire en disant que les comportements moraux sont transmis
par la culture et non par les gènes, ça change
2-3 ptites choses d’un point de vue théorique et la sélection de groupe devient un peu
plus acceptable, même si c’est toujours très
débattu. Le point fort de la sélection de groupe culturelle,
c’est de pouvoir expliquer pourquoi la morale semble souvent si fortement biaisée
en faveur de la défense des intérêts de son groupe,
pourquoi les gens se mettent en colère comme des marseillais devant un match de foot dès
que le groupe auquel ils s’identifient est attaqué. Mais cette explication a aussi des points
faibles. Sur le plan théorique, l’évolution culturelle
de la morale requiert des conditions très particulières. Mais surtout, cette hypothèse fait des prédictions
sur les jugements moraux qui ne se sont pas révélées vraies. Si la morale avait évolué par sélection
de groupe, on s’attendrait à ce que notre morale soit une morale du sacrifice,
c’est à dire qu’on trouve toujours normal de se
sacrifier si cela permet d’augmenter le bien-être ou la survie de notre groupe. Or des dizaines
d’expériences ont montré que ce n’est pas le cas, que la morale humaine est bien
plus mesurée. Par exemple, on a demandé à des soldats
américains s’ils accepteraient de dénoncer un membre
de leur unité s’ils apprenaient qu’il avait commis des violences envers des civils. Alors qu’on
ne trouvera pas de groupes beaucoup plus soudés que des soldats à l’armée, plus de la
moitié des soldats répondent qu’ils le dénonceraient
[13]. Si la morale visait vraiment à défendre
son groupe, on est surpris que ce pourcentage
ne soit pas plus bas. Ces données, ainsi que d’autres,
laissent plutôt penser que si on a probablement dans le cerveau un ou des algorithmes dont
la tâche serait de défendre son groupe, ces
algorithmes seraient distincts d’un algorithme moral. La deuxième famille d’explications de la
morale propose aussi que la morale a des bénéfices cachés, mais cette fois-ci pas des bénéfices
pour le groupe mais pour l’individu lui-même. En
particulier, être moral apporterait le bénéfice de se faire choisir comme partenaire de coopération
[6, 14, 15], ce qui est primordial dans une espèce sociale comme la nôtre. Quand on
observe la vie quotidienne de chasseurs-cueilleurs, on se rend compte que la coopération est
omni-présente : pour élever les enfants, pour chasser, pour préparer les repas, pour
se défendre des prédateurs [16, 17], pour construire
des habitations, pour jouer à Fortnite… Et il est important
de ne pas se faire bannir de toutes ces interactions sous peine de voir ses chances de
survie diminuer drastiquement. L’hypothèse serait donc qu’effectivement,
c’est coûteux de se comporter de manière morale, mais que ces
coûts sont au final compensés par les bénéfices de
se faire choisir plus souvent comme partenaire de coopération. Et avoir un sens moral permet
aussi de détecter ceux qui se comportent de façon égoïste et d’éviter d’interagir
avec eux. Cette deuxième famille d’explications postule
qu’au final, sur des centaines de milliers d’années, cette pression de sélection
comme on l’appelle, cette pression à se faire choisir comme
partenaire de coopération, aurait conduit la sélection naturelle à favoriser l’apparition
d’un “sens moral”, qu’on peut voir comme un “compas”
psychologique, un compas qui nous aide à décider comment nous comporter avec les autres. S’il est possible de décrire le sens du
goût comme un outil de navigation dans un monde
alimentaire parfois dangereux, le sens moral peut
être décrit comme un outil de navigation dans un monde social sélectif. Et disclaimer, c’est sur
cette famille d’explications, que l’on appelle parfois les explications de la réciprocité,
que j’ai travaillé pendant ma thèse. Troisième famille d’explications, certains
chercheurs pensent que la morale n’apporterait pas vraiment de bénéfices en soi, mais qu’elle
serait une extension d’autres capacités cognitives
comme l’empathie, la sympathie, la colère ou le dégoût, qui elles apporteraient des
bénéfices [2, 18]. Car en effet, on ressent souvent de l’empathie,
de la colère ou du dégoût dans des situations immorales, on a l’impression que tout ça
est lié. Je sais par expérience que c’est aussi
une idée que vous aimez bien, que la morale ça ne
serait que de l’empathie par exemple. Et c’est vrai
après tout, pourquoi s’embêter à postuler l’existence d’un sens moral quand on a
déjà tant d’autres capacités cognitives qui ont l’air
de faire le boulot tout aussi bien ? C’est une position qui ressemble à la position
que défendait Darwin [2], qui avait déjà réfléchi à la morale dans ses bouquins,
et qui pensait que la morale résulte simplement de la
combinaison de ce qu’il appelle nos “instincts sociaux” et d’une “capacité à réfléchir
et évaluer les conséquences de nos actions”, qui elle
serait spécifiquement humaine. C’est aussi une position que semblent défendre
des chercheurs comme Franz de Waal [18], qui est le type qui a fait les expériences
sur les capucins dont je vous ai déjà parlé. de Waal
n’hésite pas à parler de l’existence d’une proto-morale chez les animaux, parce
qu’il pense que la morale c’est simplement une combinaison
d’instincts sociaux animaux augmentés par des
capacités humaines spécifiques comme le langage, la culture, etc… Et c’est aussi une position
défendue en partie par Jonathan Haidt [19], dont on a déjà parlé, et une position qui
ressemble à ce qu’on appelle l’éthique de la vertu
en philosophie. Ces théories, qu’on appelle théories continuistes,
ont le mérite d’être simples parce qu’elles ne font pas intervenir l’existence d’un
sens moral à part entière, elles ne font que recycler
des capacités cognitives pré-existantes. Mais ces théories sont peut-être aussi trop
simples, parce qu’elles ne permettent pas d’expliquer
certaines choses. En particulier, l’empathie, la
sympathie, le dégoût, ne semblent pas être des émotions spécifiquement morales. Certes si
vous me voyez être poignardé dans la rue vous allez ressentir à la fois de l’empathie
et un jugement moral négatif sur ce qui est en
train de se passer – en tout cas je l’espère, vous savez
que moi je vous adore mes abonnés. Mais si vous me voyez me couper le doigt en
train de couper un cheesecake, vous allez ressentir
de l’empathie sans pour autant juger que la situation
est immorale. Et comment expliquer ça si l’empathie est
la base de la morale ? Comment expliquer qu’il y a des situations dans
lesquelles empathie et morale sont couplées, et d’autres
dans lesquelles elles sont découplées ? Pareil pour le dégoût, vous pouvez éprouver du
dégoût dans une situation immorale, mais il y a aussi
plein de situations dans lesquelles le dégoût ne
s’accompagne pas d’immoralité, comme quand vous croquez dans une pomme pourrie
ou dans un kouign amann. Tout se passe donc comme si il y a avait un
truc dans notre tête qui décide si une situation empathique est morale ou
pas, si une situation dégoûtante est morale ou pas. Et ce truc dans notre tête, qu’est-ce que
ça peut bien être si ce n’est un sens moral bien distinct
de toutes ces émotions ? Enfin, un dernier groupe de chercheurs postule
que la morale telle que nous la connaissons aujourd’hui n’aurait aucun bénéfice
caché, qu’elle serait réellement altruiste et désintéressée. Comment font-ils alors pour expliquer son
émergence ? Et bien ils font remarquer que pendant
très longtemps, les humains ont vécu dans de petits groupes de chasseurs-cueilleurs
où l’apparentement était très fort, en tout
cas plus fort qu’aujourd’hui [20]. La similarité génétique
était forte. Or il existe un mécanisme très puissant
qui permet d’expliquer l’apparition de comportements altruistes dans des situations
où il y a de l’apparentement, c’est ce qu’on
appelle la sélection de parentèle [21]. En gros, la sélection de parentèle nous
dit que si vous êtes altruiste avec vos proches, cela entraînera
effectivement un coût pour vous mais comme vos
proches partagent certains de vos gènes, vous favorisez la propagation de vos propres
gènes en aidant vos proches. Les comportements altruistes pourraient donc
être un des moyens qu’ont trouvé vos gènes pour favoriser la réplication
de copies d’eux-mêmes, mais des copies qui se
trouvent dans d’autres corps que le vôtre – dans les corps de votre famille. Selon cette dernière hypothèse, la morale
aurait évolué au départ dans des petits groupes
d’humains apparentés, et donc qu’à l’époque elle n’était pas coûteuse puisqu’elle
aidait à la propagation des gènes. Et bien qu’aujourd’hui notre environnement
social ait changé, et qu’on ne vit plus en petits groupes mais dans de
grandes mégalopoles, on continuerait à se comporter
comme si on vivait toujours dans cet environnement ancestral. En résumé, pour certains
chercheurs, la morale serait bien coûteuse aujourd’hui, mais elle ne l’aurait pas
été pendant une grande partie de notre histoire évolutive. Ce mécanisme, qu’on appelle la sélection
de parentèle pour rappel, est un mécanisme très
puissant pour expliquer l’altruisme dans plein espèces, par exemple chez les fourmis
ou les abeilles, et il est intéressant pour nous
parce qu’il permettrait aussi d’expliquer pourquoi la
morale a l’air d’être altruiste et désintéressée. Mais ce mécanisme a aussi des inconvénients. D’abord on n’est pas bien sûrs que les
humains aient évolué pendant très longtemps dans des
petits groupes d’individus très apparentés. Mais surtout, il paraît très bizarre de
dire que la morale est basiquement de l’aide entre proches
quand on sait que le népotisme par exemple, qui consiste à favoriser l’ascension de
ses proches au détriment d’autres personnes, est regardé
comme hautement immoral par beaucoup. Une des caractéristiques de la morale, comme
nous le rappellent de nombreux philosophes, c’est
son impartialité. Le fait qu’elle ne privilégie a
priori personne, pas même les proches. Et dans un sens, si la morale consistait à
toujours aider ses proches, notre bon vieux Walt de Breaking
Bad n’aurait même pas de dilemme moral. Non
seulement il n’hésiterait pas à tuer le trafiquant de drogue dans sa cave pour protéger
sa famille, mais en plus il trouverait que ce comportement
est le plus moral qui soit. On résume ce qu’on a vu. Parmi les chercheurs qui étudient la morale,
il y en a certains qui, devant la masse de données que je vous
ai présentée dans la 2e vidéo, se disent, “c’est
pas possible que la morale soit un truc entièrement culturel, il y a aussi quelque chose qui se
passe au niveau biologique”. Mais tout de suite, ces chercheurs sont confrontés
au problème d’expliquer comment une morale coûteuse
aurait pu apparaître par sélection naturelle. Là, les avis divergent. Certains pensent que les coûts de la morale
sont compensés par les bénéfices de survivre plus facilement dans la compétition avec
d’autres groupes moins altruistes – c’est la sélection
de groupe culturelle. Certains pensent que les coûts de la morale
sont compensés par les bénéfices d’être plus
souvent choisi comme partenaire de coopération et de moins souvent interagir avec des individus
égoïstes – c’est la réciprocité. Certains pensent que la morale n’a pas de
bénéfices en soi mais que les facultés cognitives
sur lesquelles elle se base – empathie, colère, dégoût, etc… sont elles suffisamment bénéfiques
pour compenser les coûts – ce sont les théories continuistes. Et enfin, certains pensent que la morale n’a
pas de bénéfices, en tout cas pas aujourd’hui, mais que dans le passé elle en a eu car on
vivait en petits groupes dans lesquels tout le monde
était apparenté. C’est la sélection de parentèle. Alors comment on fait pour départager toutes
ces hypothèses, vous allez me dire. Je suis
content que vous posiez la question. On peut le faire de façon théorique, ou
de façon empirique. Pour le côté théorique, ça passe par des
modèles informatiques et mathématiques qu’on essaie
de faire les plus simples et élégants possibles tout en essayant d’expliquer le plus de
choses. On recrée l’évolution dans des ordinateurs
si vous voulez, on essaie de voir si un mécanisme donné est capable de faire émerger des comportements
moraux tout en respectant les lois de l’évolution, les lois sur la variation,
la reproduction différentielle, et l’hérédité. C’est un des gros boulots que j’ai faits
pendant ma thèse [22, 23]. Là par exemple je suis
en train de faire joujou avec un modèle où je pars d’une population d’individus égoïstes,
c’est à dire des individus qui ne partagent pas une
ressource qu’ils viennent de produire, et puis à un
moment il y a une mutation qui fait qu’un des individus devient un peu moins égoïste,
un peu plus moral si vous voulez, et je me rends
compte que sous certaines conditions, cet individu,
ou plutôt ses gènes, vont envahir la population, c’est à dire qu’après des milliers de
générations les individus égoistes auront disparu de
la population, ce qui tend à faire penser que la morale
a effectivement des avantages. Mieux que ça, j’ai montré pendant ma thèse
que si un truc dans notre cerveau avait évolué dans le “but” entre guillemets de nous aider
à nous faire choisir comme partenaire de coopération,
alors ce truc devait faire de la proportionnalité (c’est à dire récompenser l’effort fourni)
et ne pas exploiter les plus faibles, et ça c’est plutôt cool, parce que la proportionnalité, et ne pas exploiter les plus faibles sont deux caractéristiques classiques de la morale. Si vous voulez en savoir plus,
je vous recommande cette vidéo sur la chaîne de
Science4All où je parle un peu plus de tout ça, et puis tant que vous êtes là-bas vous
pouvez aussi regarder ses vidéos sur la théorie
des jeux, puisque la théorie des jeux est énormément
utilisée dans les modèles de biologie de l’évolution et les modèles sur la coopération en particulier. Mais du coup comment décrire de façon satisfaisante une version mathématique de l’équité dans ce cas? Là par contre j’ai pas trop de réponse intelligente à vous donner je pense qu’on peut considérer que c’est encore une question ouverte à l’interface entre les mathématiques, la philosophie, l’éthique, tout ce que vous voulez… Puisque je viens d’utiliser l’expression
“but de la morale”, un petit mot là-dessus avant
que ça ne me soit reproché. Il est évident que le mot “but” n’est pas
à comprendre dans un sens finaliste, c’est à dire dans le sens
que quelqu’un aurait créé la morale dans un certain but. L’idée est bien sûr que la morale serait
apparue par sélection naturelle, donc par mutations
*aléatoires*. Il n’est pas rigoureux de dire que la morale
aurait été créée dans un certain but. Néanmoins, entre gens qui comprennent la
théorie de l’évolution, et je vous considère comme
tels, chers abonnés, même si j’essaie de ne pas trop vous surestimer, entre gens
qui comprennent la théorie de l’évolution on peut se permettre
d’utiliser ce genre de langage, tant que tout le
monde sait de quoi on parle. Quand je dis “but de la morale”, vous devez
comprendre “fonction évolutionnaire de la morale”, la raison supposée
pour laquelle elle a été sélectionnée, pour laquelle
elle aurait apporté des avantages en terme de survie ou de reproduction. Toujours d’un point de vue théorique, j’ai
aussi essayé pendant ma thèse de faire évoluer des robots gentils, c’est à dire de partir
de robots égoïstes pour finir par obtenir des robots
coopératifs, toujours en respectant les lois de l’évolution. Pourquoi utiliser des robots plutôt
que des petits bonhommes me direz-vous ? Pour la simple raison que la vie est trop courte
pour ne pas jouer avec des robots. Ces recherches s’inscrivent dans un champ
très intéressant qu’on appelle la robotique évolutionnaire [24],
et que je vous présenterai un jour si vous le réclamez
en criant suffisamment fort dans les commentaires. Donc ça c’est la 1ere façon de départager
nos hypothèses, faire des modèles théoriques et
voir quels mécanismes permettent d’expliquer le plus de caractéristiques de la morale
tout en respectant les lois de l’évolution. Et la 2e grande façon de départager les
hypothèses, c’est de tester les prédictions qu’elles font sur
le comportement humain. Chacune des hypothèses que
je vous ai présentées fait des prédictions différentes sur les caractéristiques que
devrait avoir la morale aujourd’hui. Par exemple, si la morale a évolué par sélection
de groupe, c’est à dire pour favoriser le succès des groupes et pas
des individus, alors on devrait s’attendre à ce que la
morale soit essentiellement une morale du sacrifice. Les gens devraient être prêts à se sacrifier
au profit de leur groupe, ou à sacrifier un petit nombre de personnes de leur groupe
pour en sauver un très grand nombre. En faisant des expériences pour tester si
ces prédictions sont vraies, on peut, petit à petit, donner ou
enlever du crédit à chacune des hypothèses. Un point très important maintenant sur ce
que ça veut dire que la morale apporte des bénéfices. Vu ce que je vous ai raconté, vous pourriez
penser que beaucoup de biologistes ont une vision cynique de la morale, c’est à
dire qu’ils pensent qu’à chaque fois qu’on se comporte
moralement, on le fait parce qu’on sait que ça va nous apporter des bénéfices dans
le futur. Vous pourriez faire remarquer que psychologiquement,
on n’a pas du tout cette impression. Quand on aide une personne qui tombe devant
nous à se relever, on le fait sans penser à ce que
ça pourrait nous apporter, on le fait intuitivement. Et vous auriez raison de faire remarquer
ça. Sauf qu’en biologie, on peut tout à fait
concilier égoïsme au niveau évolutionnaire et désintéressement
au niveau psychologique. C’est une distinction extrêmement importante
en biologie et extrêmement utile en psychologie, qu’on
appelle la distinction entre explications ultimes et
proximales [25]. Quand je dis par exemple que se comporter
de manière morale sert à être choisi plus souvent comme partenaire de coopération,
je ne suis pas en train de dire que c’est un calcul que l’on fait consciemment. Je ne suis pas en train de dire que l’on
fait en permanence des calculs égoistes et rationnels pour savoir
si on doit agir de manière morale ou non. Ce que
je dis, c’est que les comportements moraux vont finir par nous apporter des bénéfices
au niveau évolutionnaire, mais sans même qu’on ne
s’en rende compte. Une bonne analogie pour comprendre ça c’est
le sens du goût. La raison évolutionnaire pour
laquelle on a évolué un sens du goût qui nous fait préférer les aliments gras et
sucrés c’est parce que ça nous permet de favoriser la consommation
d’aliments riches en énergie. Mais ça ne veut
pas dire que quand on est en train de manger quelque chose de gras ou de sucré, on le
fait en pensant à toute l’énergie que ça va nous
apporter pour survivre. On le fait de façon intuitive
parce qu’on y prend du plaisir. C’est la même chose pour la morale. On préfére, intuitivement
comme j’ai essayé de vous le montrer dans la vidéo 2, adopter certains comportements
moraux parce qu’ils nous procurent du plaisir,
sans penser à tout ce que cela nous apportera comme
bénéfice au niveau évolutionnaire. J’insiste que cette distinction entre explications ultimes et proximales est hyper importante, retenez-la, on en reparlera souvent, et si vous comprenez cette distinction vous comprenez la biologie de l’évolution mieux que 80% des gens déjà. Donc toutes les théories qui postulent que
le sens moral est adaptatif, c’est à dire qu’il
apporte des bénéfices pour la survie ou la reproduction, sont compatibles avec l’idée
d’une morale désintéressée. Voilà une des raisons pour lesquelles il
est très important de garder en tête la théorie de l’évolution quand
on fait de la psychologie, parce que ça nous permet de nous
sortir de paradoxes comme celui-là, d’expliquer pourquoi la morale semble à la fois désintéressée
mais en même temps peut apporter des bénéfices. Et bien voilà, vous êtes maintenant au courant
des grandes théories évolutionnaires sur les
origines de la morale. J’ai fait de mon mieux pour vous les présenter
de manière impartiale même si c’est assez difficile quand on
a travaillé sur une de ces théories. Je suis sûr que si je
croisais demain un naturaliste dans la rue, il me casserait les dents pour avoir mal présenté
sa théorie. Et cette vidéo est maintenant terminée ! Dans
la prochaine vidéo je vais enfin pouvoir me faire plaisir, puisque je vais vous présenter
en détail la théorie de la morale sur laquelle j’ai travaillé pendant ma thèse, d’une
façon beaucoup plus précise que je ne l’ai jamais fait
auparavant, en présentant des développements récents qui nous ont permis de comprendre
beaucoup de choses, à mes collègues et moi. Dans la prochaine vidéo, je vous révèle
notre théorie de la morale. J’espère que vous vous rendez compte à
quel point c’est prétentieux de dire ça. Les derniers qui ont dit ça s’appelaient
Kant, Nietzche, Bentham ou Rawls, quelques-uns des plus beaux cerveaux que l’humanité
ait jamais produit. Personnellement je ne me range
pas dans cette catégorie, et je n’en ai pas besoin puisque tout le mérite de la création
de la théorie revient à Nicolas Baumard et Jean-Baptiste
André, comme je vous l’ai déjà dit en intro. Ce qui est cool pour vous, c’est que notre
théorie n’est pas très connue, même dans le
monde académique, et donc si elle se révèle être vraie, mais il faudra plusieurs années
voire dizaines d’années pour le confirmer, vous
pourrez dire que grâce à Homo Fabulus, vous avez
eu le privilège de faire partie des premiers milliers d’humains à avoir connu la réponse
à la grande question : c’est quoi la morale ? Et
si cette théorie s’avère fausse, et ben… ça sera
pas la première connerie que vous aurez entendue sur Youtube. Dans la prochaine vidéo, je
vous révèle donc notre théorie de la morale, une théorie relativement simple mais aux
bases théoriques solides et au pouvoir explicatif
important. Dans la prochaine vidéo, je vous explique
pourquoi selon nous, la morale, toute la morale, cette morale qui préoccupe l’humanité
depuis des milliers d’années, peut se résumer
en une seule phrase. La morale, selon nous, c’est un
algorithme qui vise à [beeeeep] À très
bientôt.

Otis Rodgers

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44 COMMENTS

  1. Pyro Star Posted on August 17, 2019 at 3:32 pm

    ROBOTIQUE ÉVOLUTIONNAIRE !!! ROBOTIQUE ÉVOLUTIONNAIRE !!! ROBOTIQUE ÉVOLUTIONNAIRE !!! (J'ai crié suffisamment fort là ?)

    Reply
  2. Endymion Rhadamantha Posted on August 17, 2019 at 3:35 pm

    C'est jolie st-croix surtout quand y a pas trop de touristes 😉
    Un problème avec le kouign aman peut-être?
    ROBOTIQUE ÉVOLUTIONNAIRE!
    Vivement la suite
    ROBOTIQUE ÉVOLUTIONNAIRE!

    Reply
  3. Hugues W. B. de Pingon Posted on August 17, 2019 at 3:35 pm

    Vous êtes de Savoie 04:08?
    Je demande car bien évidemment moi aussi, et aussi car j'ai étudié l'anthropologie physique, l'écologie des organismes et les neurosciences cognitives aux E.U.A., dans des buts similaires aux thèmes de vos vidéos.

    Reply
  4. Herp Derp Posted on August 17, 2019 at 3:39 pm

    Très intéressant comme d'habitude et sympa le cliffhanger ! J'avoue que je m'attendais à avoir plus de détails sur des comportements humains actuels dans les tribus ou de nos ancêtres style hominidés voire homo-sapiens, comme le partage équitable de la viande entre "chasseurs" et non chasseurs, ou encore les suicides assistés chez les Inuits. Bon ça dépasse peut-être le cadre de la morale, je suis pas bien sûr. Hâte de découvrir vos travaux en vidéo.

    Reply
  5. Francois D'ARRAS Posted on August 17, 2019 at 3:41 pm

    C'est fabulus ! J'adore vos explications, votre humour… Hâte de voir la prochaine vidéo et d'entendre parler de robotique évolutionnaire !

    Reply
  6. Orchid Posted on August 17, 2019 at 3:41 pm

    11:05

    «comme quand vous croquez dans une pomme pourrie ou dans un kouign amann»

    Hop hop hop, tu te calmes

    Reply
  7. Gabriel Ch Posted on August 17, 2019 at 3:42 pm

    Gros gros teasing là xd je me rejoui de voir ! Et très bonne vidéo, merci beaucoup

    Reply
  8. Mr Sandourc Posted on August 17, 2019 at 3:43 pm

    Quelqu'un a des compétences de lecture labiale ?

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  9. Helios-sama Posted on August 17, 2019 at 3:44 pm

    ROBOTIQUE ÉVOLUTIONNAIRE !

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  10. Frédéric Surleau Posted on August 17, 2019 at 3:45 pm

    ROBOTIQUE ÉVOLUTIONNAIRE + Kouign amann = ?

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  11. GEEK CONCEPT Posted on August 17, 2019 at 3:46 pm

    ROBOTIQUE ÉVOLUTIONNAIRE !!! Ça va, c'est assez fort ?

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  12. GEEK CONCEPT Posted on August 17, 2019 at 3:50 pm

    Vivement la prochaine vidéo alors !

    Reply
  13. LeChat Posted on August 17, 2019 at 4:00 pm

    C'est si dérangeant de penser que notre esprit a évolué de telle manière (j'allais dire "suffisamment") que nous avons des comportements (des qualités) qui n'ont pas d'intérêts évolutifs ?

    Reply
  14. Loic Pro Posted on August 17, 2019 at 4:04 pm

    J'ai écouté aucune de tes videos mais je répond par intuition : La morale ne sert qu'a souder un groupe autour de certaine valeur et affronter d'autre groupe qui sont souder autour d'autre valeur.

    Le bien et le mal n'existe donc pas dans l'absolu, ils ne sont que des notions servant a préserver l'unité d'un groupe.

    Mais bon alors, tuer, violer, voler, c'est ni bien ni mal ?
    Ca depend qui tu tue/viole/vole et pourquoi/pourqui tu le fais.
    Si tu tue/viole/vole un groupe ennemi a ta communauté, c'est bon pour ta communauté car tu affaibli l'adversaire et tu intensifie ton être (car tuer/violer/vole donnent des sensations hors du commun) et donc ton groupe

    Mais si on se veut être quelqu'un de bien pour l'humanité car on se dire appartenir au groupe ''humain'', alors il est mauvais de tuer/violer/voler car ça désunit le groupe ''humain'', donc ça nous exclu du groupe ''humain'', donc on devient un monstre/méchant aux yeux du groupe ''humain''

    Reply
  15. N Posted on August 17, 2019 at 4:10 pm

    La morale est étroitement liée aux croyances et aux religions, elle a été façonnée par des millénaires de croyances créés par l'homme, donc parler de but de la morale est pertinent car elle est aussi politique.

    Reply
  16. Antoine du Fresne Posted on August 17, 2019 at 4:17 pm

    Merci pour cette épisode très instructif !

    Reply
  17. Yirm Posted on August 17, 2019 at 4:19 pm

    (https://www.youtube.com/watch?v=1jkIONNqBcg
    4:48)
    Et bien je n'en ai pas marre du tout et je n'ai pas de questions, je me laisse porter
    Je me prononce pour la philo et les approndissements

    Reply
  18. Despyr S Posted on August 17, 2019 at 4:21 pm

    Ma question est peut-être bête mais j'ai vu l'exemple d'un oiseaux vivant dans la jungle qui possède une grande queue colorée. Une telle parure n'est pas pratique pour ce déplacer dans la jungle, de plus les couleurs attirent l'oeil des prédateurs ce qui semble être un désavantage. Seulement, en voyant un tel attirail les femelles se "disent" que pour survivre avec un tel désavantage l'individu doit avoir pleins d'atouts (force,rapidité…) = de bons gènes. Ainsi il est intéressant de ce reproduire avec lui, cette caractéristique jugée désavantageuse augmente en réalité la fitness de l'individu.
    Là vient le parallèle auquel j'ai pensé avec la morale : Si la morale semble un désavantage de prime abord, elle permet de montrer au reste des individus (donc potentiellement des individus éligible à la reproduction) que l'on est près à sacrifier de son temps et de son énergie sans craindre pour notre reproduction/survie. Ainsi les personne voyant ces gestes moraux ce dirait que cet individu doit posséder de bons gênes pour pouvoir ainsi se sacrifier au profit d'un autre, ce qui augmenterait la reproduction de l'individu moral et donc sa fitness. (Ils peuvent aussi penser que l'individu moral serait potentiellement près a faire de même avec l'individu qu'il choisira pour ce reproduire)
    De ceci s'ajoute les profits de tomber plus souvent avec des personnes morales et éviter les égoïstes.
    C'est logique où pas mon explication ?…

    Reply
  19. Antoine du Fresne Posted on August 17, 2019 at 4:30 pm

    Je vais engager un type qui va lire tes lèvres!!!!

    Reply
  20. Pédagogie Scientifique Posted on August 17, 2019 at 4:33 pm

    C'est bon j'ai déchiffré la phrase.
    " La morale selon nous c'est un algorithme qui vise à expliquer pourquoi la réponse à l'univers est 42 "

    Reply
  21. Al Couz Posted on August 17, 2019 at 4:42 pm

    Est ce qu'on continuerait à se comporter de façon morale si le reste de notre espece n'avait pas connaissance de nos actions ?

    Reply
  22. Al Couz Posted on August 17, 2019 at 4:45 pm

    Haha bien joué le teaser^^ ça fonctionne 🙂

    Reply
  23. ray man Posted on August 17, 2019 at 4:49 pm

    Robotique évolutionnaire !

    Reply
  24. Quentin Brabant Posted on August 17, 2019 at 4:50 pm

    Super vidéo ! Mais est-ce que la critique que tu fais de la sélection de parentèle ne repose pas justement sur une confusion entre les explications ultimes et proximales ? Le fait d'être altruiste ne pourrait-il pas avoir été sélectionné en partie car il a tendance à bénéficier principalement aux proches, même si d'un point de vue psychologique les jugement moraux ont une portée plutôt universelle ?

    Reply
  25. Kraftix Posted on August 17, 2019 at 4:51 pm

    ON VEUT CONNAÎTRE LA ROBOTIQUE ÉVOLUTIONNAIRE!!!
    C'EST QUOI CE TRUC ?

    et sinon, c'est tourné où les plans drone et de fin ?

    Reply
  26. Monsieur Phi Posted on August 17, 2019 at 5:02 pm

    Super vidéo et je suis alléché pour la suite !

    Juste un truc : je trouve curieux de parler d'une "théorie de la morale" au sens de Kant ou Bentham pour une théorie qui vise essentiellement à expliquer nos intuitions morales, donc qui a une visée strictement descriptive. Les théories de Kant ou Bentham dont tu parles en comparaison sont normatives et ont une dimension méta-éthique, leur but n'est pas juste (voire n'est pas du tout) d'expliquer les intuitions morales, mais bien plutôt de prescrire ce qui est bien ou mal absolument parlant, et ceci même si ça doit parfois s'opposer aux intuitions. (Le recours à l'intuition justifie tout au plus le principe de base de l'utilitarisme ; ce qui en découle ensuite n'a pas à être intuitif et ne l'était souvent pas du tout à l'époque où Bentham en parle (même si ça a pu étonnamment coller à l'évolution de nos intuitions morales, comme la défense de la dépénalisation de l'homosexualité ou la prise en compte des intérêts des animaux) ; chez Kant, sa morale est censée être justifiée de façon purement rationnelle de bout en bout – même si en fin de compte je pense qu'il rationalise ses intuitions morales, mais ce n'est pas la question (et je vais en parler dans ma prochaine vidéo qui devrait te plaire !)).

    La comparaison avec Nietzsche est plus juste (d'ailleurs c'est le premier à ma connaissance à avoir explicitement discuté d'une origine biologique de la morale dans "Aurore") dans la mesure où il y a bien une dimension descriptive dans ses réflexions sur la morale (mais bon ce n'est pas QUE descriptif franchement, ça regorge de jugements de valeurs dans tous les sens en fait).

    J'imagine que ton idée n'est pas de dire qu'expliquer l'origine de nos intuitions morales répond à toutes les questions morales et méta-éthiques qu'on peut se poser (je crois me souvenir que tu précisais bien ça au début de ta série). Ça peut bien sûr donner des raisons de penser que toutes ces questions sont vides de sens (c'était l'idée de Nietzsche au fond) mais ça n'en suit pas nécessairement, pas plus qu'avoir une explication de l'origine du goût et de nos préférences alimentaires ne répond à toutes les questions quant au meilleur régime à adopter.

    Comme toi, j'aime bien cette comparaison entre jugement moral et jugement gustatif : quand on comprend nos préférences gustatives on peut comprendre pourquoi le meilleur régime à adopter pour rester en bonne santé peut tout à fait s'opposer à nos préférences gustatives intuitives, préférences qu'il ne faut donc pas forcément écouter ou qu'il faut aider à faire évoluer. J'ai une impression similaire avec les préférences morales : si on comprenait bien comment elles se forment on pourrait comprendre pourquoi la réalisation d'un certain objectif auquel on prête de la valeur (c'est mon côté conséquentialiste qui parle) ou le respect de certains principes auquel on prête de la valeur (si on est plutôt déontologue) peut s'opposer à certaines de nos préférences morales, préférences qu'il ne faut donc pas forcément écouter ou qu'il faut essayer de faire évoluer…

    Mais une "théorie de la morale" au sens de Kant ou Bentham, c'est une théorie qui concerne ces objectifs ou ces principes auxquels on prête de la valeur (de même qu'une "théorie diététique" serait une théorie qui concerne le meilleur régime à adopter), ce n'est pas une théorie sur l'origine des préférences morales (pas plus qu'une théorie sur l'origine des préférences alimentaires n'est une "théorie diététique").

    Breeef. Je sais pas si c'était clair. En tout cas et je parie qu'on va causer de ta prochaine vidéo sur Axiome !

    Reply
  27. Fred Gotpub Posted on August 17, 2019 at 5:03 pm

    L' analogie entre aimer le chocolat et faire des actes moraux est lumineuse.

    Reply
  28. DeadZombie Posted on August 17, 2019 at 5:10 pm

    Nous aussi on t'aime.

    Reply
  29. Science de comptoir Posted on August 17, 2019 at 5:15 pm

    Gourmand

    Reply
  30. :Drôle de Questionneur Posted on August 17, 2019 at 5:20 pm

    ROBOTIQUE ÉVOLUTIONNAIRE! Je fais partie des privilégiés mais c'est dommage qu'il y ait si peu de personnes qui s'y intéressent malgré tout mes partages… Cet épisode était vraiment passionnant!

    Reply
  31. Thibault3160 Posted on August 17, 2019 at 5:20 pm

    Vivement la prochaine vidéo !

    Reply
  32. R VE Posted on August 17, 2019 at 5:29 pm

    SUFFISAMMENT FORT !

    Reply
  33. Louis Posted on August 17, 2019 at 5:30 pm

    De quel autre manière vient le sens moral si il ne viendrai pas de l'évolution ?

    Reply
  34. Louis Posted on August 17, 2019 at 5:34 pm

    C'est pas manu c'est monsieur le philosophe !

    Reply
  35. Laurent FIACK Posted on August 17, 2019 at 5:44 pm

    JE RÉCLAME DE LA ROBOTIQUE ÉVOLUTIONNAIRE ! ! ! !

    Reply
  36. mathieu maury Posted on August 17, 2019 at 5:47 pm

    vivement la prochaine

    Reply
  37. Samuel Robin-Prévallée Posted on August 17, 2019 at 5:48 pm

    ROBOTIQUE ÉVOLUTIONNAIRE !!!

    et étant un homme moral, je ne me désabonnerai pas pour tout le mal que tu as dit du kouign-amann.

    Reply
  38. Arius Blacklight Posted on August 17, 2019 at 5:50 pm

    ROBOTIQUE ÉVOLUTIONNAIRE !!! à 129 dB.
    Pas facile de faire mieux ^-^''

    Reply
  39. Carl-Maxence Vinh Posted on August 17, 2019 at 5:50 pm

    SUFFISAMMENT FORT

    Reply
  40. Antoine Delaunay Posted on August 17, 2019 at 5:52 pm

    Merci pour tes vidéos de grande qualité et qui méritent d'avantage de visibilité.
    D'où mon commentaire.

    Reply
  41. Amaury Posted on August 17, 2019 at 5:53 pm

    Ce teasing de fou !! c'est pour nous inciter à aller lire les publi ? 😀
    trop hate de voir la prochaine video en tous cas !

    Reply
  42. A G Posted on August 17, 2019 at 5:56 pm

    Vidéo de qualité comme toujours👌. J'attend la prochaine avec impatience !!

    Reply
  43. vinzstow Posted on August 17, 2019 at 5:57 pm

    C'est ce que dans la théorie des jeux on appelle le moindre bien. La plupart des actions ne sont pas mauvaises, il s'agit juste d'un moindre bien où dans la plupart des cas la personne a privilégié la décision la plus favorable pour elle à court terme et contre la solution la plus bénéfique pour le collectif. On appelle aussi ça un connard.

    Reply
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